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About Ana-Laura Baz

Chargée de projet - Service de la diffusion numérique

Serge Bouchard et la relation amour/haine des Québécois avec le Nord

Serge Bouchard, anthropologue Depuis toujours, les Québécois ont un rapport complexe avec l’hiver et le Nord. Serge Bouchard, lors de sa conférence sur la nordicité, a posé son regard d’anthropologue sur cette relation. Pour cela, il suit le fil historique des relations des Québécois avec le Nord et les autochtones. Il remonte jusqu’en 1900 où le Nord était l’obsession des Américains et des Européens jusqu’à aujourd’hui, où le territoire nordique tend à pencher dans l’oubli. Repenser le Nord Le Nord, qu’un énorme sol gelé? Une terre insipide? M. Bouchard invite le public à voir le Nord autrement. Après tout, il s’agit de l’un des plus beaux endroits au monde. Pourquoi alors le peuple québécois tend-il à le négliger, tout comme il tend à détester l’hiver? Cela amène M. Bouchard à évoquer l’obsession des Québécois pour le Sud et la chaleur. Les Québécois, les « enfants de l’hiver » et les « héritiers de ce territoire » tourneraient-ils le dos à leur identité? Le temps de la révolution M. Bouchard rêve d’un monde où les Québécois et les Canadiens apprécieront l’immense beauté, le sens et toute la profondeur du patrimoine nordique. Il invite à une révolution culturelle où les Québécois utiliseront des moyens créatifs de s’approprier le Nord et de le protéger. Un projet de société M. Bouchard évoque la possibilité d’un monde où le Nord est réclamé par amour et non pour l’argent. Depuis toujours, le Nord est considéré de manière unidimensionnelle autour de l’économie. La solution, selon M. Bouchard, est de faire du Nord quelque chose de plus prometteur, soit d’en faire un projet de société. Et vous, comment voyez-vous le Nord?   Cet article a été rédigé par Clarisse Bérubé, étudiante en journalisme à l'Université Laval.

By |20 mars 2016|Décoder le monde, Médiation culturelle, Médiation éducative et culturelle|Commentaires fermés sur Serge Bouchard et la relation amour/haine des Québécois avec le Nord

Elisapie Isaac décode sa nordicité

Elisapie Isaac.Photo : Maurin Auxémery Finalement, le thème de la nordicité évoque une multitude d'imaginaires. On peut la ressentir à travers la science, le sport ou l'alimentation. Certains la rejettent, tout simplement. Alors que d'autres rendent cette nordicité vivante grâce à l'art et la musique. C'est en tout cas ce que nous démontrent les invités de la soirée nordique de Décoder le Monde, comme l'artiste et chanteuse Elisapie Isaac. Demander à Elisapie Issac ce que lui évoque la nordicité, c'est parler de son enfance et ses terres natales. Originaire de Salluit, au Nunavik, elle grandit dans la culture inuit. Comme elle le mentionne dans sa biographie, pour elle, « le Nord n’est pas à l’autre bout du monde, il est plutôt au centre du mien ». Avant même de décider d'emménager à Montréal il y a 15 ans, la musique l'a toujours accompagnée dans sa vie. « Mais ma première ambition en arrivant en ville était de composer », avoue-t-elle lors de notre entrevue. Ses textes, au départ écrits seulement en anglais, sont pour elle un moyen de « liberté intense », pour exprimer ses « états d'âme ». « Ma vie est une quête et j'ai trouvé dans la musique un moyen de m'exprimer ». Ses origines au cœur de sa création Toujours influencée d'un registre folk des années 60 et 70, « la belle du nord » comme on l'appelle, souhaite aussi raconter sa culture d'origine dans ses chansons. « La culture du Nord a toujours été à part, et mérite d'être reconnue », explique-t-elle. Elisapie Isaac a d'ailleurs réalisé le documentaire Si le temps le permet en 2003. Une réalisation très personnelle, où on l’accompagne dans le village de Kangirsujuaq, au bord de la mer arctique. Entre traditions et modernité du Nord, la chanteuse emmène le [...]

By |20 mars 2016|Décoder le monde, Médiation culturelle, Médiation éducative et culturelle|Commentaires fermés sur Elisapie Isaac décode sa nordicité

Sports d’hiver : décoder la motoneige et le hockey

Pourrait-on survivre à l'hiver sans les sports de plein air? Éléments phares de la nordicité, les loisirs et sports d'hiver font partie intégrante de la culture au Québec. Pour mieux décoder la motoneige et le hockey, les deux invités Guy Pépin et Benoît Melançon nous proposent une tout autre vision de ces deux activités. « Chez nous, c'est ski-doo! » Beaucoup se rappellent ce slogan publicitaire à l'époque des premières commercialisations de la motoneige. Au départ utilisée comme moyen de transport pour faciliter la circulation sur la neige, la motoneige est aujourd'hui devenue un sport d'hiver, voire même une attraction touristique. Guy Pépin, conservateur au Musée J.A. Bombardier. Pour Guy Pépin, grand admirateur de la création de Armand Bombardier, « la motoneige est bien plus qu'un sport ou qu'une industrie, c'est un mode de vie ». Grâce à quelques diapositives et archives publicitaires, le conservateur du Musée J. Armand Bombardier retrace l'histoire de ce que les gens appellent aujourd'hui le ski-doo. « La motoneige connait un syndrome du frigidaire », explique-t-il, « de nos jours, on confond son slogan publicitaire avec le nom de l'objet d'origine. Comme le frigidaire pour désigner un réfrigérateur ».       Parlez-vous le hockey? Benoît Melançon, professeur de littératures de langue française à l'Université du Québec à Montréal. Benoît Melançon, professeur de littérature à l'Université du Québec à Montréal,  a décidé de décoder la pratique du hockey à travers son langage. Car l'influence de ce sport national sur la culture québécoise est telle que ses expressions sont aujourd'hui utilisées dans la vie courante. Benoit Melançon lance très ironiquement, le doigt levé au ciel, « j'ai lu récemment dans la presse la phrase suivante : Béliveau purgeait une mineure sur le banc des punitions ». Fou rire dans [...]

By |19 mars 2016|Décoder le monde, Médiation culturelle, Médiation éducative et culturelle|Commentaires fermés sur Sports d’hiver : décoder la motoneige et le hockey

Des recettes familiales du Nunavik

Des recettes avec du morse, du caribou et du lagopède? Pourquoi pas? Après tout, les parents de la région qui envoient leurs enfants dans les CPE désiraient mettre la main sur ces recettes depuis que leurs enfants les réclamaient à la maison. Et maintenant, tout le monde peut se procurer le livre Livre de recettes familial / ᓄᓇᕕᒻᒥ ᐃᓚᒌᓄᑦ ᓂᕐᓯᐅᑏᑦ, qui comporte un inventaire varié de recettes inspirées du Québec du sud et nordique, allant des lagopèdes braisés aux pizzas au poulet en passant par le macaroni au caribou. Livre de recettes familial / ᓄᓇᕕᒻᒥ ᐃᓚᒌᓄᑦ ᓂᕐᓯᐅᑏᑦ de Huguette Turgeon-O'Brien, professeure à l'école de nutrition de l'Université Laval Huguette Turgeon-O’Brien, professeure au département des sciences des aliments de l’Université Laval, explique lors de sa conférence l’origine du livre et de sa fabrication. Pour élaborer ce livre, un menu de quatre semaines a été concocté. Les aliments traditionnels, comme le caribou et le morse, sont mis à l’honneur au moins deux à trois fois par semaine. Bien que le respect des aliments traditionnels soit très important sur le plan psychologique et culturel, Mme Turgeon-O’Brien ajoute que c’était aussi une question nutritionnelle et économique. En effet, les viandes typiques de la région sont reconnues pour leur taux plus élevé en fer et le cout des aliments locaux est plus abordable.   Cet article a été rédigé par Clarisse Bérubé, étudiante en journalisme à l’Université Laval.

By |19 mars 2016|Décoder le monde, Médiation culturelle, Médiation éducative et culturelle|Commentaires fermés sur Des recettes familiales du Nunavik

Le pergélisol simplifié

Michel Allard, professeur de géographie à l'Université Laval Le réchauffement climatique modifie notre environnement et amène son lot de conséquences. Aujourd’hui, Michel Allard se penche sur la question de la fonte du pergélisol, lors de sa conférence sur Les impacts de la dégradation du pergélisol sur le cycle du carbone. Le pergélisol est la partie du sol qui demeure gelée toute l’année. Cette carte du groupe de travail sur la biodiversité canadienne situe les zones de pergélisol continu et occasionnel. Le professeur du département de géographie de l’Université Laval explique que l’étude sur la fonte du pergélisol est ralentie par certaines limitations. La plus grosse étant le manque de données sur le terrain. On sait que le carbone s’accumule dans les sols, mais les évaluations de sa quantité dans le pergélisol demeurent imprécises. M. Allard juge exagérés certains articles de journaux au ton alarmiste qui affirment que la fonte du pergélisol libérera des quantités importantes de carbone d’un instant à l’autre. Le pergélisol fondant tranquillement, il est impossible que tout le carbone se libère d’un coup. Cependant, si l’on reste inerte face au changement climatique, il est certain que la fonte du pergélisol sera très problématique. C’est pourquoi il vaut mieux « éviter la bombe » et prévenir le réchauffement du climat.   Cet article a été rédigé par Clarisse Bérubé, étudiante en journalisme à l'Université Laval.

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Décoder la flore nordique

Invités au Musée de la civilisation pour parler de la flore nordique, les chercheurs et professeurs Normand Voyer et Esther Lévesque expliquent comment ils vivent leur nordicité, à travers le sirop d'érable et la végétation du Grand Nord.  Normand Voyer, professeur de chimie à l'Université Laval La conférence a débuté sur les études que mène Mr Voyer du département de chimie de l’Université Laval, sur les biens faits du sirop d'érable. Très apprécié sur une crêpe ou une tranche de pain, ce mets est bien plus qu'un patrimoine québécois. Et la chimie a réussi à le prouver! Les chercheurs ont en effet découvert le québécol, un composant reconnu pour ses propriétés anti-inflammatoires. Le but des recherches chimiques sur le québécol est de « comprendre ses propriétés, son mécanisme d'action, et identifier ses effets thérapeutiques », explique Normand Voyer. Encore au stade de la recherche, les premières études permettent déjà de montrer à quel point « les plantes nordiques sont riches au niveau moléculaire », et qu'il est donc « important de les protéger ». Normand Voyer a finalement conclu sa présentation en s'adressant au public : « ne vous sentez donc pas coupable si vous tartinez beaucoup de sirop d'érable sur vos crêpes, ce sera bon pour vous! »   Un Grand Nord très riche en végétation Direction maintenant le Grand Nord avec Esther Lévesque, professeure en sciences de l'environnement de l'Université du Québec à Trois-Rivièrese. Sa nordicité à elle, ce sont les vastes paysages verts de l'Arctique canadien. Car oui, le Nord n'est pas que tout blanc et enneigé! Bien au contraire, « la végétation y persiste et y est très présente ». Durant sa conférence Mme Lévesque emmène le public vers Kuujjuaq, puis Iqaluit, avant de remonter jusqu'à 3900 km de Québec, dans l'extrême [...]

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Le harfang des neiges, un oiseau surprenant

Le harfang des neiges : l'emblème mystérieux, une conférence de Audrey Robillard, doctorante en biologie à l'Université Laval Saviez-vous que le harfang des neiges se nourrit parfois de canard, un oiseau aussi gros que lui? Ce n’est que l’une des nombreuses caractéristiques inattendues de cette espèce que la doctorante en biologie à l'Université Laval Audrey Robillard a expliquée à son auditoire lors de sa conférence Le harfang des neiges : l’emblème mystérieux durant l'événement Décoder le monde du Musée de la civilisation. Le camp de recherche de Audrey Robillard à l'île Bylot au Nunavut En effet, cet oiseau est difficile à cerner et agit de manière imprévisible. Le plus gros hibou de l’Amérique du Nord est une espèce que l’on observe en irruption. Cela signifie qu’il se déplace soudainement, ce qui le rend difficile à étudier. À ce sujet, Mme Robillard a expliqué comment les chercheurs s’y prenaient pour capturer ces animaux, pourtant si problématiques à localiser. Le moyen utilisé est un filet, placé près du nid où la femelle couve ses petits. Cette technique permet ainsi de capturer plusieurs femelles, mais très peu de mâles. Une fois le harfang attrapé, les chercheurs lui posent un émetteur GPS, puis le relâchent et suivent ses déplacements de manière numérique.   Audrey Robillard étudie la migration du harfang des neige Cela signifie qu’on pourra bientôt en savoir davantage sur cet oiseau mystérieux, qui est l’emblème aviaire du Québec. D’ici là, vous pourrez impressionner votre entourage en leur apprenant que le harfang se nourrit presque exclusivement de lemmings, à un taux approchant les 90 %.             Cet article a été rédigé par Clarisse Bérubé, étudiante en journalisme à [...]

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Un froid chaud et rassurant – La Guerre des tuques 3D

Décoder le monde de la nordicité avec le film d'animation La guerre des tuques 3D Ce matin, la projection du film La guerre des tuques 3D a eu le privilège d'ouvrir l'évènement Décoder le Monde au Musée de la civilisation. Le directeur artistique Philippe Arseneau-Bussières et le coréalisateur François Brisson étaient présents pour dévoiler au public tous leurs secrets de réalisation de cette grande bataille en plein cœur de l'hiver. Philippe Arsenault Bussières et François Brisson Est-ce possible de décoder le monde au cinéma? Mieux encore, peut-on décoder l'hiver dans un film d'animation? La réponse est oui. Deux grands enfants sont venus le prouver ce matin après la projection du film La guerre des tuques 3D. Ces deux enfants-là, ce sont bien évidemment Philippe Arseneau Bussières et François Brisson, créateurs de l'univers du film d'animation. Imaginer « un froid chaud et rassurant » Pour réaliser ce film, « le premier défi est d'arriver à rendre l'ambiance de l'hiver québécois », avoue le coréalisateur. Avec 25 ans de carrière dans l'animation, François Brisson, également réalisateur du célèbre Marsupilami pour la télévision française, a tenu à retranscrire les ambiances et paysages Québécois sous la neige. « Mais on voulait faire ressentir le froid par l'émotion », explique-t-il, « avec des mélanges de couleurs et des jeux de lumière ». Le but étant de donner une impression de froid, « mais un froid chaud et rassurant ». Des inspirations à travers la campagne québécoise Afin de créer leur propre univers de la guerre des tuques, les deux créateurs expliquent au public leur périple à travers la campagne québécoise comme source d'inspiration. « Il y a tellement d'hivers différents à Québec, et donc d'ambiances différentes! » Ces environnements, l'équipe de réalisation est allée les chercher dans différents [...]

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Recueil de gestes pour nourrir : la captation anthropologique chez les gens

À la suite des rencontres du temps des fêtes 2013 au Musée de la civilisation et par le biais de différentes connaissances antérieures, je me déplace dans le quotidien des gens pour enregistrer leurs actions. Par la photographie et surtout l’enregistrement vidéo et audio, il y a une première phase d’analyse et de prise de données simultanée. Voici les participants à ce jour : […]

Recueil de gestes pour nourrir

Catherine Bélanger Le projet Recueil de gestes pour nourrir consiste à me pencher davantage sur les gestes précieux du don et de la rencontre, pratiqués quotidiennement, afin de les conserver en mémoire. Par mes recherches et créations multidisciplinaires, je m’engage dans la captation, la conservation et la transmutation d’un patrimoine immatériel, en quête de reconnaissance. Je souhaite indexer ces actions avant qu’elles ne disparaissent et cristalliser l’importance des manières de faire des gens ordinaires qui passent inaperçus au sein de notre société, mais qui en sont les fondements. Dans le cadre de ce projet, je souhaite utiliser le patrimoine alimentaire qui offre un grand potentiel de mémoire collective et témoigne de notre identité. Il doit être non seulement conservé, mais aussi mis en lumière. Mon intérêt et ma responsabilité visent ainsi à souligner des traditions et des rituels quotidiens, passés et présents, pour en révéler la valeur. C’est donc par le biais d’une collaboration avec le Musée de la civilisation de Québec qui présente l’exposition virtuelle participative de notre patrimoine alimentaire Manger ensemble!, que se concrétisera le projet. […]